Comment? Pourquoi? Quand?
Je crois que ce sont les questions que je me pose chaque fois que je suis confrontée au malheur…Quand tout va bien , je n’essaye pas de savoir pourquoi... Ou si je suis heureuse, je ne cherche pas à savoir comment…
Il y a en moi une personne qui continue de croire que le bonheur est un hasard et le malheur une punition…
Quant à cette fameuse fibromyalgie...D’après ce que j’ai lu à droite et à gauche, il ya eu dans ma vie des signes avant-coureurs que personne n’a vu courir… : les migraines, l’endométriose, l’hypothyroïdisme, le vertige, la vision double, la sensibilité émotionnelle…
Mais c’est comme tout…C’est après le tremblement de terre que l’on se rappelle de la chaleur qui a précédé…Ou après le tsunami que l’on apprend que quelqu’un savait…Ça n’aurait pas empêché la nature de gronder mais il y aurait certainement eu moins de décès...de tristesse et de pleurs.
Ceux qui ne connaissent pas la maladie, que ce soit celle-ci ou une autre, doivent me trouver bien prétentieuse de me comparer au tsunami de 2005 ou au tremblement de terre de Mexico en 1985…mais c’est effectivement ce qui se passe : la vie n’est plus que décombres et les débris sont lourds à ramasser…surtout si l’ONG qui vous aide vous répète sans cesse que cette maladie imaginaire est causée par vous-même…
Donc, je sais le comment :
Apres quelques séquences de tennis, j’ai commencé à avoir mal au bras « parce que je tenais mal ma raquette ». Puis j’ai eu mal au cou « parce que je me tenais mal ». Puis encore, à la main « parce que je travaillais trop » (je suis peintre et je travaillais l’étain)… Puis un jour, ou était-ce une nuit…, j’ai eu mal partout…J’ai cessé d’ouvrir toute seule le pot de confiture…Faire de la limonade est devenu une torture…Dormir une fantaisie…Et le diagnostic est tombé, plus vite que pour d’autres personnes. Entre le premier jour de douleur et la visite finale chez le medecin, il ne s’est écoulé que 2 ans…ce qui est quand même rapide.
Je sais aussi le quand…: la première douleur, ça a été quand j’ai eu trop mal à l’âme...comme une éponge qui absorbe, absorbe, puis qui se fige, gorgée d’eau…gorgée de souffrance… Ou encore comme une casserole de lait que l’on fait chauffer trop longtemps...De tant de malheurs que je n’ai pas pu, pas su gérer…Mon âme a débordé et mon corps s’est figé, crispé et a enfin hurlé.
Je ne sais toujours pas le pourquoi: génétique la fibro ?...Randonneuse, le coin lui a plu ?...Ou comme on me le disait si souvent...punition.
Je sais surtout que, en apprenant à écouter mon corps, j’ai appris à écouter mon âme…Que la vie m’est plus dure mais plus riche
Que je ne saurais affronter ces jours-ci s’il n’y avait eu les galères du passé...
Que je suis ce que je suis devenue…
Que j’ai souffert mais que je continue…
Gwenn-Aelle
22-07.05




plein de bulles pour vous détendre.
moi, quand je lis ton message, je m'y retrouve beaucoup !

