C'est en lisant le sujet sur les graines germées que j'ai eu envie de lancer ce sujet sur le goût.
Vaste sujet, qui selon le dicton, ne se discute pas... je déteste ce dicton en fait ! Les goûts sont subjectifs certes, mais c'est justement ce qui fait l'intérêt de leur discussion.
Tous ici, nous avons du "sacrifier" nombre de plaisirs de la gastronomie pour appliquer un régime relativement strict. J'ai du faire le deuil du pain et du fromage, de la tarine de beurre accompagnant le café noir qui envoyaient pourtant mon palais au 7ème ciel...
La question que j'aimerais poser c'est : doit-on nécessairement être tristes de ces renoncements ? Mieux : nos maladies, ne constitue-t-elles pas une chance, dans la mesure où elles nous ouvrent une fenêtre vers des saveurs nouvelles, plus riches qu'un simple stimuli des papilles, puisque constituées non seulement de ces stimuli, mais aussi imprégnées d'une sensation globale de bien-être ?
Autrement dit, si un malade qui reste dans le même schéma de pensée, dans la même conception du goût, essaie de suivre le régime, cela lui semblera une lutte permanente, surtout lorsque des mets fumants et "appétissants" lui passeront sous le nez... Mais si dorénavant le goût devient pour lui une affaire de corps et d'esprit et non plus seulement de bouche, alors non seulement son régime sera plus facile à suivre sans écarts, mais il constituera une véritable exploration de son coprs voire de son esprit.
Je sais à quel point la gastronomie traditionnelle est riche de délices pour la plupart des gens, mais pour moi, ce ne sont pas des délices, ce sont des poisons.
A l'inverse, quand je lis que certaines personnes trouvent que les graines germées sont tristes au goût, j'aurais été complètement d'accord avant ma sclérodermie. Mais aujourd'hui, je leur dirais ceci : vous n'aimez pas les graines germées probablement parce que vous avez gardé les mêmes repères culturels du goût. Essayez d'intégrer votre conception du goût dans un ensemble plus large, incluant votre corps et votre esprit tout entiers, et vous changerez peut-être d'avis.
Le goût doit cesser pour moi d'être une affaire de luxe du palais, de débauche de richesse et de délicatesse des aliments et l'art de leur transformation, pour devenir une affaire globale d'une part, et plus humble d'autre part, dans l'art de mettre en valeur non pas les cuisiniers, mais les aliments qui sont autant de dons de maman nature.
J'espère que certains trouveront dans ces quelques lignes de éléments leur permettant de mettre un pas de plus devant l'autre, et de prendre un peu plus de plaisir avec leurs habitudes alimentaires.
Walid, sclérodermie diagnostiquée en octobre 2009, régime depuis la même date, graines germées et végétalien depuis deux semaines (en vérité pas tout à fait, je dois finir les oeufs qui restent dans mon frigo
)


) que l' on incorpore au quotidien à présent.
. Les "bonnes" sauces à la crème (j'en mettais partout) ne me tentent plus du tout, j'ai
tu as la moitié dans l' évier au rinçage tellement c' est p'tit, un quart dans la passoire à la prégermination et l' autre quart à la poubelle quand tu l' auras goûté... 

