On peut se demander : pourquoi l'élimination des toxines est-elle plus efficace lorsqu'on mange moins ? On entend parfois que c'est un problème « d'énergie ». Certes la digestion (surtout lorsqu'elle est difficile) nécessite beaucoup d'énergie, mais heureusement le bilan énergétique est positif, c'est bien pour cela que l'on mange : au final la digestion fournit plus d'énergie (sous forme de sucres) qu'elle en consomme ! C'est encore plus vrai avec l'alimentation ¨moderne¨ raffinée donc très riche en glucides.
Mais l'énergie n'est pas tout ! Avec toute l'énergie et la bonne volonté que l'on veut, des ouvriers ne peuvent pas abattre une somme de travail infinie. Si l'énergie est disponible à volonté, il reste les contraintes du temps, du nombre d'ouvriers, et de la logistique (flux des matériaux à travers les voies de transport).
C'est une question de bon sens : le corps ne peut pas tout faire en même temps !
Dans la nature sauvage, les aliments sont une manne que l'organisme n'est jamais assuré de recevoir quotidiennement, de manière régulière et équilibrée, ils doivent donc être utilisés au mieux, et leur traitement a la priorité sur d'autres fonctions de l'organisme. Suite à la digestion, la priorité de l'organisme est donc d'utiliser immédiatement certains nutriments (par exemple : acides animés pour fabriquer les protéines), et de stocker le surplus en prévision de l'avenir : le surplus de protéines est transformé en sucres simples (c'est l'énergie qu'utilise le corps en permanence) et les sucres en surplus sont transformés en graisses qui peuvent être stockées : ce sont les réserves d'énergie du corps.
Dans le même temps évidemment, le corps doit toujours éliminer des déchets : issus du métabolisme permanent des cellules, mais également les molécules non utilisables issues de la digestion. Dont les molécules inadaptées - par exemple caséine, gluten - ou dégradées par la cuisson, toxines de pesticides, métaux lourds... dans notre charmant environnement actuel la liste est sans fin !
Le corps ne s'occupe donc que des déchets les plus urgents et les plus toxiques, qui entraveraient son bon traitement des nutriments – la priorité du moment. Comme des manutentionnaires qui doivent réceptionner une livraison urgente et utiliser son contenu périssable. On ne perd pas de temps à bien trier les emballages et à sortir les poubelles : on met les déchets dans un coin de l'atelier, là où cela ne gène pas le passage, on aura bien le temps et la main d'oeuvre disponible plus tard pour faire le ménage !
Les problèmes surgissent si cette période de moindre activité physiologique ne vient jamais... Si l'organisme reçoit sans cesse trop d'aliments (et toxines) à gérer, est sans cesse stimulé par une activité intense ou un stress, ou même la rumination de soucis qui fait carburer le cerveau dans le vide... Les ouvriers sont alors trop occupés à conditionner les denrées périssables, et/ou à approvisionner en matériaux et énergie les organes sur-stimulés, à évacuer ou mettre en quarantaine les déchets les plus dangereux, donc les autres cartons et poubelles s'accumulent dans tous les coins et commencent à gêner la circulation !
Alors de temps en temps, l'organisme déclenche un plan de nettoyage d'urgence de courte durée qui devient prioritaire
: pour cela il profite de la présence de bactéries ou de virus qui vont l'aider dans cette tâche. Cela donne un rhume, une grippe, une gastro, une petite infection, qui sont pour l'organisme l'occasion d'obtenir un repos physiologique (moins d'activité et de nourriture)
, donc les ouvriers (peut-être avec l'aide des bactéries elles-mêmes) vont avoir le temps de faire un peu de ménage et sortir quelques poubelles. Enfin !Dans la nature ces occasions de repos sont fréquentes (périodes où moins de nourriture est disponible) et une alimentation crue contient moins beaucoup moins de déchets encrassants donc les animaux sauvages ne rencontrent que rarement ces problèmes. Mais l'être humain – s'il veut limiter les « plans d'urgence » que sont les maladies - a parfois besoin de s'imposer ces périodes de repos que l'on retrouve dans toutes les traditions.
Dans l'ordre d'efficacité croissante : supprimer la viande cuite, cure de crudités, monodiètes (cure de raisin ou de citron), cure de jus de légumes, enfin et surtout : jeûne. Voilà autant de périodes pendant lesquelles l'organisme aura l'occasion de se désencrasser car ses ouvriers seront plus disponibles.
Cela a une application pratique vis-à -vis des maladies aiguës (c'est-à -dire de courte durée, à l'opposé des maladies chroniques). Ce sont des plans d'urgence de désencrassage, il vaut donc mieux laisser faire le corps sans intervenir pour ne pas gêner le processus. Les animaux ne mangent pas lorsqu'ils sont malades, et gardent le repos. Leur instinct les guide bien. Nous devrions faire de même. L'idéal est de supprimer toute alimentation pendant au moins une journée, en ne buvant que de l'eau à la demande (+ vitamine C et chlorure de magnésium éventuellement, qui ne nécessitent aucune digestion), et de garder le repos complet au lit. Si le jeune est trop difficile ou la maladie trop longue, se contenter de jus de légumes jusqu'au complet rétablissement.
La fièvre ne devrait pas être diminuée car c'est le moyen pour l'organisme de contrôler l'action des virus et bactéries qui sont ses auxiliaires à l'oeuvre pendant le processus
. Ils sont l'équivalent de puissants éboueurs, mais comme tout action puissante elle doit être contrôlée efficacement, et seul le corps sait le faire. Si l'on intervient à l'aveuglette comme le font les médicaments
, le processus peut s'emballer ou traîner en longueur, épuiser le corps et même le mettre en danger, alors qu'au départ il s'agit d'un processus salvateur parfaitement contrôlé par le corps tant qu'il est dans les conditions requises : le repos physiologique maximal, pour que tous les ouvriers puissent se concentrer sur la tâche de désencrassage en cours. Retrouvons confiance en notre corps, et offrons-lui les bonnes conditions pour fonctionner !
Cordialement,
Pierre

bien compréhensible en plus, ne serai tu pas "vulgarisateur" de traités scientifiques?




